Mon voisin est-il non-atteint?

Lorsque l’on parle de mission, il arrive régulièrement de parler de peuples non-atteints. Mais que veut-on dire par le terme « non-atteint »?

Est-ce que le terme « non-atteint » veut dire que la majorité des personnes qui composent ce groupe ne sont pas sauvés? Dans ce cas, il faudrait étendre cette appellation à d’autres groupes de personnes et parler, par exemple, de tranches d’âges au sein d’un pays qui seraient « non-atteints ». Et dans ce cas, mon voisin qui n’a jamais entendu l’Évangile n’est-il pas lui aussi non-atteint?

« Non-atteint » ne désigne pas quelqu’un qui n’est pas « sauvé »

Parler de « non-atteint », ce n’est pas faire une distinction entre deux types de personnes: ceux qui ont vraiment besoin d’être sauvés, et ceux qui en ont moins besoin. Ce n’est pas ce que le terme signifie. Il ne faudrait donc pas utiliser « non-atteint » comme un synonyme pour parler d’une personne qui n’est pas sauvée, qui n’est pas convertie. Ce n’est pas ce que le terme veut dire, et ce n’est pas son but.

Il y a des personnes qui ne sont pas sauvées en France, en Belgique, aux États-Unis, en Angleterre, tout comme il y a des personnes qui ne sont pas sauvées en Somalie, en Afghanistan, en Inde et au Pakistan. Ces personnes sont au même niveau en termes de salut, il n’y a pas de différence.

Elles sont mortes dans leurs péchés (Ép 2.1), aveuglées (2 Co 4.4), privées de la gloire de Dieu (Rm 3.23), faisant face à un jugement qu’elles méritent et qu’elles ont provoqué. Ces différentes personnes ont donc profondément besoin de se confier en Jésus. Elles ont désespérément besoin d’être confrontées à la réalité terrible de leur péché, et à la nouvelle merveilleuse de la grâce de Dieu en Jésus. Nous voulons donc annoncer l’Évangile à toutes ces personnes, sans distinction.

Ainsi, si l’on parle de « non-atteint », ce n’est jamais pour faire une distinction de personnes, entre ceux qui auraient besoin de l’Évangile et ceux qui en auraient moins besoin! Comme l’apôtre Paul, nous voulons annoncer l’Évangile à tous (cf. Rm 1.14; 1 Co 9.19-23).

En même temps, nous voulons réaliser que tous les peuples ne sont pas sur le même niveau en termes d’accessibilité à l’Évangile. Par exemple, selon le site JoshuaProject.net, les États-Unis comptent 332 442 000 d’habitants, avec 76.5% de chrétiens, dont 26.41% d’évangéliques (source).

En revanche, toujours selon le même site, la Somalie compte 16 262 000 d’habitants, avec seulement 0.01% de chrétiens évangéliques, et 99.6% de musulmans (source). Il est clair que l’accessibilité à l’Évangile n’est pas la même en Somalie qu’elle ne l’est aux États-Unis.

Des statistiques comme celles-ci nous permettent de réaliser que les personnes vivant dans certains peuples n’auront pas le même accès à l’Évangile que d’autres personnes l’ont dans d’autres peuples. Sans action de notre part, l’accessibilité à l’Évangile sera extrêmement réduite, voire quasiment inexistante dans certains endroits. C’est là que le concept de « non-atteint » rentre en jeu.

Alors, est-ce que mon voisin a besoin que je lui parle de l’Évangile? Oui, bien évidemment! Est-ce qu’il est non-atteint? Non, parce qu’il est justement mon voisin, et il a donc accès à l’Évangile par mon intermédiaire (je reprends la formulation de David Platt).

Dire cela n’enlève rien au zèle que nous voulons avoir pour parler de Christ à ceux qui nous entourent, au contraire. Cela nous ouvre plutôt les yeux sur le privilège que nous avons d’avoir accès à l’Évangile et les opportunités qui y sont liées. En même temps, cela nous ouvre les yeux sur la réalité des peuples non-atteints, qui n’ont pas cet accès au message du salut, et nous amène à nous demander: que puis-je faire pour faire changer cette réalité?


Ceci est un extrait de mon travail de fin d’études réalisé pour l’Institut Biblique de Bruxelles en 2019, sur le sujet des peuples non-atteints. Je compte en publier plusieurs extraits dans les semaines à venir.

Pour aller plus loin:

Benjamin Eggen

Benjamin a été pendant plusieurs années responsable du mouvement de jeunes La Rébellution, dans le cadre duquel il a écrit les livres Une vie de défis et Soif de plus ?. Après avoir étudié à l’Institut Biblique de Bruxelles, il est maintenant pasteur-adjoint dans l'Église de Bruxelles-Woluwe. Vous pouvez le suivre sur sa chaîne YouTube ou son compte Instagram (@beneggen).

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