L’évangile de la prospérité veut la gloire sans la souffrance

L'évangile de prospérité réclame la gloire sans la souffrance. La récompense sans le combat. La résurrection sans la croix. Ce n'est pas le schéma de la vie chrétienne. Ce n'est pas la vie que nous sommes appelés à vivre. Ce n'est pas l'Evangile biblique.

Je mentionnais dans l’article de la semaine passée le témoignage de Costy Hinn, le neveu de Benny Hinn, qui a quitté le milieu de la prospérité pour s’attacher au vrai Evangile. Dans ce livre, il décrit à quel point le milieu de la prospérité tort l’enseignement biblique sur la souffrance. Si tu souffres (maladie, difficultés, épreuves de la vie), c’est nécessairement que tu as péché, ou alors que tu manques de foi. La volonté de Dieu pour notre vie n’est pas la souffrance, mais la victoire et le succès. Cela va bien à l’encontre de l’enseignement de la Bible1. Réfléchissons ensemble à ces questions.

La souffrance n’est pas anormale dans notre vie

Du fait de vivre dans un monde déchu, nous allons connaître la souffrance. En Romains 8, Paul nous enseigne que « la création a été soumise à l’inconsistance » (v.20), qu’elle est sous « l’esclavage de la corruption » (v.21), qu’elle « soupire et souffre les douleurs de l’accouchement » (v.22). Il s’agit du monde dans lequel nous vivons, chrétiens ou non. Un monde qui implique la souffrance.

Il y a également une souffrance particulière pour ceux qui décident de suivre Jésus. Jésus est désigné dans l’Ecriture comme étant un « homme de douleur, habitué à la souffrance » (Esaïe 53.3). Pourquoi les disciples de Jésus devraient donc échapper à la souffrance? Plus nous serons proches de Jésus, plus nous serons exposés à la souffrance.

C’est ce que Paul met en avant en Romains 8.17, en disant que nous sommes « cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui afin de prendre aussi part à sa gloire. » Nous sommes unis à Jésus: tout comme il a souffert, nous allons souffrir, et tout comme il a été glorifié, nous serons glorifiés.

Le schéma de la vie chrétienne

Comment les théologiens de la prospérité expliquent ce verset de Romains 8.17? Kenneth Copeland écrit, après avoir mentionné ce verset: « Nous étions avec Jésus quand il a souffert sur la croix. Cette œuvre est complète. Maintenant, c’est le moment d’être glorifié! »2

Kenneth, relis les versets que tu cites! Paul n’est pas en train de dire que la gloire est pour maintenant. C’est d’abord la souffrance, et ensuite la gloire: « J’estime que les souffrances du moment présent ne sont pas dignes d’être comparées à la gloire qui va être révélée pour nous. » (Romains 8.18) Les souffrances sont les souffrances du moment présent. Et la gloire n’est pas encore là – elle sera révélée.

Il est donc normal qu’aujourd’hui, en tant que chrétiens, nous passions par la souffrance. Ce n’est pas que nous le désirons de manière malsaine, ou que nous le recherchons particulièrement. Mais c’est que, du fait de suivre Jésus, nous nous attendons à souffrir dans ce monde. Beaucoup d’autres versets de la Bible montrent que la souffrance pour le chrétien n’est pas une possibilité, mais une certitude (1 Pierre 1.6, Jacques 1.2, Actes 14.22, 1 Pierre 4.12-14).

La souffrance et le plan de Dieu

Cette souffrance à laquelle le chrétien doit s’attendre n’est pas uniquement spirituelle (le combat avec l’ennemi), mais aussi émotionnelle et physique. Il n’y a qu’à lire la vie de l’apôtre Paul pour le découvrir! Dans 2 Corinthiens 11.23-33, il décrit les nombreuses souffrances qu’il a traversées dans son ministère. En les lisant, on voit que sa vie est bien différente de celle des prédicateurs de la prospérité… Comme le dit le rappeur Meak dans son titre Post scriptum:

« J’ai entendu dire qu’une bonne carrière pleine de succès, c’est ça qu’on méritait J’ai bien ri, car ils ont limité ton œuvre à la prospérité Alors que même la prison peut faire partie d’ton plan Demande à Paul si lui voyait le confort et l’argent? Était-il maudit, banni, puni, repris? Oh nan il était dans les grands projets que t’avais formés pour lui »

Meak – Post scriptum

Tellement d’exemples, en plus de celui de l’apôtre Paul, montrent que la souffrance fait partie du plan de Dieu pour nos vies. On pourrait citer l’exemple de Joseph (cf. Genèse 50.20). Ou celui de Jésus (Actes 2.23, Actes 4.28). Rien que ça.

Oui, dans son plan divin, Dieu se sert de la souffrance pour sa gloire. Joyce Meyer se trompe en déclarant que nous ne pouvons pas « glorifier Dieu par la souffrance, en supportant patiemment tous nos maux »3 Non, la nouvelle merveilleuse c’est que, même dans la souffrance, nous pouvons glorifier Dieu, comme Job l’a fait, et comme tant d’autres chrétiens l’ont fait dans l’histoire. Par son accent sur la victoire et la guérison, l’évangile de prospérité met de côté un des moyens privilégiés par lequel Dieu nous fait grandir: la souffrance.

Des vies misérables?

Est-ce que cela veut donc dire que Dieu nous appelle à vivre des vies misérables, pleines de souffrances? Non, pour au moins trois raisons avec lesquelles je termine cet article:

D’abord, parce que l’objectif de nos vies n’est pas de souffrir, mais de suivre Jésus fidèlement, quoi qu’il en coûte. Ce but est l’objectif de vie le plus glorieux qu’un être humain puisse poursuivre. Peu importe ce que cela entraîne, ça vaut la peine de se donner tout entier à connaître Jésus et le faire connaître autour de nous.

Ensuite, parce que Dieu est là, même dans la souffrance. Il n’est pas un père méchant qui se plairait à voir ses enfants souffrir. Il est un bon père céleste, qui a un plan et qui le met en œuvre pour notre bien et pour sa gloire (cf. Romains 8.28). Dans tout ce que nous vivons, il reste bon, bienveillant et plein de compassion envers nous.

Enfin, parce que nous savons qu’après la souffrance vient la gloire. Et, comme Paul le dit lui-même, « les souffrances du moment présent ne sont pas dignes d’être comparées à la gloire qui va être révélée pour nous. » (Romains 8.18) Mettez-les deux sur une balance: y’a pas photo. Même pas moyen de comparer. La gloire à venir est si belle que tout ce que nous vivons dans ce monde vaut la peine d’être supporté.

Rendez-vous jeudi prochain sur mon blog pour un nouvel article (abonnez-vous par mail ci-dessous). En attendant, voici quelques ressources sur le sujet:

1Bien sûr, toute souffrance dans ce monde trouve sa racine dans la chute et le péché, dans la rébellion de l’être humain envers Dieu. La souffrance reste un intrus dans ce monde. Il est vrai que certaines souffrances peuvent être causées par un péché (je pense, par exemple, à 1 Corinthiens 11.30). Il est également vrai que nous devons faire face aux conséquences de nos péchés, qui peuvent entraîner des souffrances. Cependant, il serait faux de dire que chaque souffrance que nous vivons est systématiquement liée à un péché dans notre vie.

2 https://www.kcm.org/read/questions/what-does-it-mean-take-part-christs-suffering

3 Joyce MEYER, Soyez guéris au nom de Jésus, Nîmes, Vida, 2008, p.46-47. Merci à mon ami Robbie Bellis pour la référence de cette citation.

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Benjamin Eggen

Benjamin a été pendant plusieurs années responsable du mouvement de jeunes La Rébellution, dans le cadre duquel il a écrit les livres Une vie de défis et Soif de plus ?. Après avoir étudié à l’Institut Biblique de Bruxelles, il est maintenant en formation pastorale dans son Eglise locale à Bruxelles. Vous pouvez le suivre sur sa chaîne YouTube ou son compte Instagram (@beneggen).

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