Lettre à toi, qui veux absolument te marier

Cher S.,

Tu m’as partagé l’autre jour ton désir du mariage, et le poids que le célibat représente pour toi en ce moment.

Je ne te connais pas assez pour savoir la raison pour laquelle tu n’es pas marié(e). Peut-être que ce n’est juste pas le moment pour toi, et tu le sais. Peut-être que c’est plus douloureux que cela: le célibat s’est imposé à toi comme un intrus dans ta vie, sans que tu le veuilles. Peu importe ta situation, j’aimerais par cette lettre t’adresser quelques mots d’encouragement. Je prie qu’ils puissent t’aider dans ta situation.

Tout d’abord, j’aimerais te dire que tu désires une belle chose: le mariage est merveilleux! Je ne suis pas marié moi-même, donc je ne parle d’expérience, mais c’est ce que la Bible en dit: trouver un conjoint, c’est trouver le bonheur (Pr 18.22); le mariage est un moyen privilégié de refléter la beauté de l’Évangile (Ép 5.31-32); et 1 Corinthiens 7.7 nous apprend que le célibat et le mariage sont tous deux des dons, c’est-à-dire des cadeaux, de la part de Dieu. Le mariage est donc une bonne chose.

Mais ça, j’imagine que tu le sais déjà. Ce qui est plus dur, c’est de ne pas pouvoir ouvrir ce cadeau, alors que l’on aimerait tellement. Voir la beauté du mariage sans pouvoir en profiter est une cause de souffrance réelle. Vivre entouré de couples est peut-être pour toi un rappel constant de ta solitude, qui te fait souffrir. Ce couteau dans la plaie est remué par les questions maladroites de tes amis et de ta famille: « alors, toujours pas casé?! » Cette souffrance est réelle, et il ne faut pas le cacher.

La souffrance du célibat peut aussi s’exprimer par un cœur brisé suite à certaines déceptions dans le domaine sentimental. La Bible nous dit qu’ « un espoir différé rend le cœur malade » (Pr 13.12). C’est dur d’espérer quelque chose, puis de le voir filer sous nos yeux. En particulier dans ce domaine. Ces déceptions sont des cicatrices qui restent sur nos cœurs.

Cependant, s’il faut reconnaître la douleur, il faut aussi en voir la fin. La Bible nous promet un avenir éternel merveilleux, où Dieu « essuiera toute larme de [nos] yeux, la mort ne sera plus et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car ce qui existait avant a disparu. » (Ap 21.4) Dans toutes les difficultés que nous vivons, en tant que chrétiens nous pouvons affirmer: « Ça aura une fin! » Est-ce que tu penses à l’éternité, dans tes difficultés? Ce n’est pas juste un moyen de se sentir bien dans le présent. C’est un moyen de fixer les yeux sur la réalité: ça va arriver.

Si les souffrances auront une fin, il faut reconnaître que le mariage aussi. Le mariage n’est pas éternel, il est éphémère (Mt 22.30). Dans l’éternité, le mariage ne sera plus, car nous aurons accès à la réalité vers laquelle le mariage pointe: l’union entre Christ et son Église. Réaliser cela nous aide à ne pas mettre tous nos espoirs sur le mariage, comme si c’était ça l’objectif ultime de notre vie. Ça ne l’est pas. Vivre pour Jésus et pour sa gloire est l’objectif ultime de notre vie. Et ça, c’est éternel.

Si dès aujourd’hui nous vivons à 100% pour Jésus, nous vivons pour quelque chose qui durera pour toujours. Dans l’éternité, nous n’aurons donc aucun regret, même si, durant les quelques années de notre vie sur terre, nous n’avons pas goûté au cadeau éphémère du mariage. Nous aurons vécu pour ce qu’il y a de plus important: Jésus, et sa gloire. Et nous continuerons à vivre pour cela, dans l’éternité, en adorant Jésus pour toujours.

Cela m’amène à un autre encouragement pour toi, dans ton désir du mariage. Fuis les discours trompeurs, même ceux qui se présentent avec une « apparence chrétienne ». Fuis ceux qui te disent: « Patiente, sois fidèle à Jésus, évite le sexe avant le mariage, et tu finiras par trouver la personne idéale! Vous vivrez heureux ensemble, et vous aurez beaucoup d’enfants… » Ce type de discours s’inspire plus des contes de fées que de la Bible.

Soyons clairs: Dieu ne nous a pas promis le mariage. Il n’y a aucune promesse dans la Bible sur laquelle on pourrait s’appuyer pour dire que Dieu a nécessairement promis à chacun un conjoint. Ça ne veut pas dire que c’est mauvais de le désirer, ni de prier pour cela, bien évidemment. Mais nous ne pouvons pas réclamer cela de Dieu, comme si, s’il ne nous exauçait pas, alors il ne serait plus bon, ou plus digne de notre adoration.

Dieu n’a pas promis le mariage, mais il a promis sa grâce, sa présence, et l’accomplissement de son plan au travers des épreuves de la vie (2 Co 12.9; Hé 13.5; Rm 8.28). Je suis d’accord, dire cela n’enlève probablement pas la douleur du quotidien pour toi qui veux te marier. Mais cela nous aide à la traverser en ayant quelque chose – ou plutôt quelqu’un – à qui nous rattacher.

Enfin, j’aimerais terminer cette lettre en t’adressant une exhortation pressante: profite de ton célibat. Il faut reconnaître que nous, célibataires, avons le danger de nous apitoyer sur nous-mêmes: on voit facilement les désavantages du célibat et les avantages du mariage. Mais plutôt que de convoiter la situation de l’autre, pourquoi ne profitons-nous pas de la situation dans laquelle nous sommes actuellement? Et si on changeait de point de vue sur le célibat? Si on le voyait comme un don, un cadeau de la grâce de Dieu, une période particulière que Dieu nous donne où nous pouvons le servir avec plus de liberté et d’énergie? Et si l’on profitait des avantages du célibat, plutôt que d’en voir uniquement les désavantages?

Oui, je suis d’accord, c’est difficile de voir le célibat comme un cadeau quand la solitude relationnelle se fait ressentir. Quand l’on rentre seul chez soi le soir, et que l’on a personne à qui partager les joies et les peines de notre journée. Quand l’on ressent l’exclusion de la société, voire même de l’Église, parce que l’on est « toujours solo ». Mais c’est justement dans ces moments où nous avons besoin de profiter de notre célibat, plutôt que de nous apitoyer sur nous-mêmes.

Ne crois pas que ton célibat est une période de pause, en attendant que « la vraie vie » commence. N’attends pas le mariage pour chercher à glorifier Dieu. Ton service chrétien ne commencera pas une fois que tu seras marié. Ça commence dès maintenant, alors que tu es célibataire. Tu peux dès maintenant vivre pour le Seigneur de toutes tes forces. Tout ce que tu fais pour l’œuvre du Seigneur a dès aujourd’hui un impact dans l’éternité (1 Co 15.58).

Désirer le mariage n’est pas mauvais, c’est une bonne chose. Cependant, faisons-le alors que nous vivons pour quelque chose de plus grand que le mariage: Jésus, et sa gloire. Et dans quelques années, alors que l’on sera tous réunis dans l’éternité, que nous nous soyons mariés entre temps ou pas, nous n’aurons aucun regret de tout ce que nous aurons investi pour le Seigneur.

Je suis d’accord, cela n’enlève pas totalement le poids du célibat. Mais cela aide à le vivre d’une manière qui comptera pour l’éternité.

Que notre Seigneur Jésus-Christ lui-même et Dieu notre Père, qui nous a aimés et qui nous a donné par sa grâce une consolation éternelle et une bonne espérance, encouragent votre cœur et vous affermissent dans toute bonne œuvre et dans toute bonne parole!

2 Thessaloniciens 2.16-17

C’est ma prière pour toi.

Ton frère en Christ,

Benjamin

PS: si tu désires creuser le sujet, je te recommande le livre 7 mensonges sur le célibat de Sam Alberry.

Benjamin Eggen

Benjamin a été pendant plusieurs années responsable du mouvement de jeunes La Rébellution, dans le cadre duquel il a écrit les livres Une vie de défis et Soif de plus ?. Après avoir étudié à l’Institut Biblique de Bruxelles, il est maintenant en formation pastorale dans son Eglise locale à Bruxelles. Vous pouvez le suivre sur sa chaîne YouTube ou son compte Instagram (@beneggen).

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