Deux dangers dans notre ministère parmi les jeunes

Les jeunes sont capables de plus que vous croyez (il ne faut pas les surestimer), et ils ont besoin de plus d'accompagnement que vous croyez (il ne faut pas les sous-estimer).

Deux dangers nous guettent dans notre ministère parmi les jeunes : avoir une trop haute opinion des jeunes, ou avoir une trop faible opinion des jeunes. Maintenir la tension nous aidera à profiter des jeunes de nos Eglises d'une bonne manière.

Abaisser les jeunes où ils ne devraient pas être

Comment décririez-vous la jeunesse aujourd’hui ?

Impolie, désinvolte, remplie d’addictions, avec une sexualité débridée? Il serait tentant de porter un regard négatif sur la jeunesse, en se disant que les jeunes « ne sont plus comme avant ». Dans un sens, c’est vrai, car les temps avancent, le monde évolue, et chaque génération présente de nouveaux défis. Cependant, il serait faux de penser que les jeunes d’aujourd’hui sont tous médiocres, incapables de faire quoi que ce soit de bon, et uniquement doués pour pouvoir passer leurs journées collés à un écran.

Le livre de l’Ecclésiaste reconnaît que la jeunesse est une période particulière de la vie, avec certains privilèges dont il faut profiter. Dans Ecclésiaste 11.9-10, les jeunes sont encouragés à profiter de leur jeunesse, car celle-ci ne va pas durer. Les versets suivants, au début du chapitre 12, mettent également en avant le fait qu’après la jeunesse vient une période plus difficile, des « jours mauvais », où le goût à la vie n’est plus le même, et l’énergie à dépenser n’est plus là (Ecclésiaste 12.1-7). Comment donc la Bible décrit-elle la jeunesse ici? Comme une période pleine de privilèges dont il faut profiter, car cette période va passer vite.

Reconnaissons donc ceci dans notre ministère auprès des jeunes. N’abaissons pas les jeunes là où ils ne devraient pas être.

  • Ne mettons pas les jeunes de côté dans l’église, en se disant que l’on va « attendre qu’ils mûrissent un peu » avant d’investir en eux. Non, c’est aujourd’hui le bon moment pour investir en eux.
  • Ne baissons pas nos exigences. Les jeunes sont mis au défi à l’école, dans le sport, et dans tant d’autres domaines. Et à l’église? Eh bien, on leur donne le minimum de contenu possible par crainte qu’ils ne reviennent pas. Mais réalisons que les jeunes sont capables de comprendre bien plus que ce que l’on pense d’eux. Au-delà des fous rires et de l’immaturité apparente se cache des êtres humains qui ont des questions profondes sur la vie, et qui souhaitent des réponses sérieuses. Donnons-leur du vrai contenu. Ils en ont besoin.
  • Ciblons même les jeunes sur qui nous n’aurions pas envie de parier. Vous savez, ce jeune qui semble sans espoir, incapable de changer, totalement insensible à tout ce qui concerne la foi. Ne le mettez pas de côté. Continuez à prier pour lui et à lui expliquer l’Evangile. Ce jeune, pendant tant d’années, c’était moi. Personne n’aurait parié que j’allais devenir un chrétien engagé – mais ils ont continué à prier pour moi. Heureusement que Dieu n’est pas limité par nos paris… !

Elever les jeunes là où ils ne devraient pas être

Si le premier danger serait de ne pas considérer les jeunes à la hauteur de ce qu’ils sont, le deuxième danger serait de les considérer plus que ce qu’ils sont réellement.

Oui, la Bible reconnaît que la jeunesse est pleine de privilèges et d’opportunités, mais elle reconnaît également que c’est un temps où nous avons besoin de grandir en maturité et d’apprendre. Quand Paul donne des recommandations à Tite, il l’invite à encourager « les jeunes gens à se montrer réfléchis » (Tite 2.6). Probablement parce que ce n’est pas naturel chez nous, les jeunes. Nous avons l’enthousiasme, le zèle, la passion… mais il nous manque souvent la sagesse. La maturité. L’expérience de vie.

Il serait tentant, pour palier au problème mentionné plus haut, d’avoir un discours radicalement différent, et de voir dans la jeunesse l’espoir de ce monde, le salut de nos églises. Mais ne tombons pas dans ce danger. Le seul sauveur, c’est Jésus. Le seul qui peut faire des miracles, et changer nos églises, c’est Dieu.

Oui, les jeunes sont plein d’énergie et d’enthousiasme, et il faut en profiter. Oui, c’est eux qui seront dans l’église à long terme, et c’est une excellente chose d’investir en eux pour le bien de nos églises. Mais n’ayons pas une opinion trop haute des jeunes qui nous aveugle sur la réalité de ce qu’ils sont. Ils sont pécheurs, et ils ont avant tout besoin d’un cœur changé par l’Evangile. Ce n’est pas parce qu’ils sont jeunes qu’ils sont qualifiés pour servir. Être jeune n’est pas le critère. Être un disciple de Jésus engagé l’est.

Une tension à maintenir

Avec Nicolas Blocher, c’est la tension que nous avons voulu garder en écrivant le livre Une vie de défis. Nous voulons affirmer que la jeunesse est une période précieuse de la vie dont il faut profiter. Il y a certains privilèges qui vont disparaître. Les jeunes doivent en profiter, et les églises doivent profiter des jeunes. En même temps, ne nous voilons pas la face, et soyons conscients que le plus grand problème des jeunes se trouve dans leur cœur. Ils n’ont pas besoin de « libérer leur potentiel », mais de croire en l’Évangile, afin de vivre en disciple au quotidien.

Maintenir cette tension nous aidera à investir dans la jeunesse avec les bonnes priorités et d’une manière qui dure. Ceci pour la gloire de Dieu et le bien de nos Eglises locales…

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Benjamin Eggen

Benjamin a été pendant plusieurs années responsable du mouvement de jeunes La Rébellution, dans le cadre duquel il a écrit les livres Une vie de défis et Soif de plus ?. Après avoir étudié à l’Institut Biblique de Bruxelles, il est maintenant en formation pastorale dans son Eglise locale à Bruxelles. Vous pouvez le suivre sur sa chaîne YouTube ou son compte Instagram (@beneggen).

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